La Bretagne bénéficie de beaucoup de sites emblématiques qui attirent des millions de touristes.
Les alignements de Carnac, la pointe du Raz, les remparts de Saint-Malo ... De nombreux et nombreuses professionnelles s’affairent pour assurer un séjour plaisant aux visiteurs : hôteliers, restaurateurs, animateurs, conseillers en séjour, etc.
Les alignements de Carnac (56) © Andreas Brunn / Unplash
Les chiffres clés
En 2019, 81 000 emplois directs en Bretagne sont liés à la présence de touristes sur le territoire. Ce chiffre varie au fur et à mesure de l’année : quand la fréquentation touristique est à son minimum, ils sont 50 000 et au mois d’août, lorsque la saison bat son plein, 104 000 ! Il faut dire que la grande majorité des nuitées se concentrent entre avril et septembre.
En moyenne, le tourisme représente 7% des emplois de la région, ce qui la place en 4e position. 1/3 d’entre eux sont dans l’hôtellerie et la restauration mais d’autres secteurs bénéficient indirectement de l’arrivée des touristes : commerces de détail non alimentaires, grandes surfaces, sports et loisirs ou artisanat.
Pour pouvoir accueillir tout le monde, la Bretagne met à disposition 97 000 hébergements touristiques marchands. Il y a également un nombre important de maisons secondaires, 260 000 environ. Si la majorité d’entre elles sont directement habitées par leurs propriétaires, certaines sont parfois mises en location.
-
81K
emplois
-
1/3
des emplois dans l’hôtellerie-restauration
-
97K
hébergements touristiques marchands
-
73 %
des nuitées entre avril et septembre
La pointe Saint-Efficace sur la côte d'Émeraude (22) © Jérôme Sevrette
Vos questions
Si on trouve des emplois liés au tourisme partout en Bretagne, certaines destinations, comme le golfe du Morbihan ou Saint-Malo et la Baie du Mont-Saint-Michel, bénéficient de nettement plus de postes. Sans surprise, il y a généralement plus d’emplois dans le secteur du tourisme sur les littoraux.
Hôtellerie, évènementiel, culture, transport, restauration : les métiers du tourisme sont très variés et les formations aussi ! On peut travailler dans ce secteur avec des diplômes allant du CAP au bac +5, voire sans diplôme notamment pour les emplois saisonniers. Le diplôme emblématique est le BTS Tourisme qui nécessite deux ans d’études après le bac.
Certaines formations généralistes aux métiers de l’accueil ou au commerce permettent également de travailler dans le tourisme.
Il est possible de travailler toute l’année dans le tourisme. Certains postes sont à la fois en lien avec les habitants et les visiteurs, notamment dans les restaurants et les loisirs, d’autres sont liés à l’organisation du territoire et des voyages (chargé de développement touristique, conseiller en séjour, etc.).
Mais il est vrai que les fluctuations sont importantes selon les saisons. En août, on compte deux fois plus de personnes travaillant dans le secteur touristique qu'en basse saison. Sept personnes sur dix sont à temps complet et une majorité est salariée.
La plupart des secteurs professionnels ne sont pas paritaires. Mais ce n’est pas le cas du tourisme où on compte presque autant de femmes que d’hommes. En Bretagne, on trouve encore plus de femmes qu’ailleurs dans ces métiers : 57% contre 53 % en moyenne en France.
Certains métiers permettent de travailler en Bretagne mais aussi ailleurs en France ou à l’étranger. Dans le cas de la restauration, de l’hôtellerie ou des métiers de l’animation, la mobilité géographique n’est pas mal vue, au contraire !
On peut également devenir travailleur saisonnier, c’est-à-dire effectuer des missions qui correspondent à une saisonnalité : l’hiver en montagne, l’été en bord de mer, etc. Il existe un contrat de travail spécifique à cette situation : le CDD saisonnier.
Bien évidemment, la mobilité professionnelle n’est pas une obligation, cela dépendra de vos envies.
Une hausse du tourisme « nature »
« Depuis le Covid, on a eu une augmentation de la fréquentation des espaces de nature en Bretagne. Cela va de pair avec une individualisation de la pratique touristique enclenchée depuis plusieurs années. Les personnes créent leur propre parcours touristique », explique Emmanuel Salim, maître de conférences à l’Institut supérieur hôtellerie tourisme alimentation (ISTHIA) de l’université de Toulouse. Cette façon de pratiquer le tourisme porte un nom, l’écotourisme. Différents labels ont été créés pour guider les visiteurs (Esprit parc national, Accueil vélo, Clef verte, etc.) sur ce sujet.
Dans certains cas, ces pratiques peuvent avoir des effets pervers. « Ça implique parfois des fréquentations dans des lieux qui ne sont pas forcément prévus pour », décrit Emmanuel Sélim. Ce qui peut créer des conflits entre les différents acteurs de ce lieu : résidents, visiteurs, structures, etc.
Lire le témoignage d’Emmanuel Salim, maître de conférences à l’Institut supérieur hôtellerie tourisme alimentation (ISTHIA) de l’université de Toulouse
Le massif des monts d'Arrée à Brasparts (29) © Sébastien Le Derout / Unplash
L’impact du changement climatique sur le tourisme…
« Le changement climatique a une influence sur le tourisme. En montagne, on rencontre des problèmes de diminution de la quantité de neige et en bord de mer, des soucis d'érosion côtière », explique Emmanuel Sélim, maître de conférences à l’Institut supérieur hôtellerie tourisme alimentation (ISTHIA). La Bretagne est mieux préservée que ses voisins pour l’érosion côtière grâce à la prédominance de côtes rocheuses et de falaises. En revanche, l’Observatoire de l’environnement note que l’élévation du niveau de la mer pourrait avoir des conséquences sur le tourisme dans certaines basses zones littorales.
Conséquence de ces transformations, les métiers du secteur ont été amenés à évoluer. « Aujourd'hui, nos métiers ont complètement changé. On nous demande de monter et gérer des projets, toujours au prisme des transitions environnementales, sociales et économiques », confirme Amélie Moine, Directrice tourisme, culture, sport à Guingamp - Paimpol Agglomération.
Hoedic (56) vu depuis un drone © Big Dodzy / Unplash
Développement du numérique et de l’IA
« La commercialisation ou encore la communication passent déjà par internet. Avec l’intelligence artificielle, on peut imaginer qu’il y aura de moins en moins de connexions humaines pour la partie achat du séjour », explique Thierry Acquitter, chef d’entreprise dans l’hôtellerie. « Tout ce qui est automatisable va être automatisé, on ne pourra pas faire machine arrière. Et à l’inverse, tout ce qui a trait à la relation humaine va prendre de la valeur. »
Depuis janvier 2025, Paris, une des villes les plus touristiques du monde, ne dispose ainsi plus d’aucun lieu d’accueil physique pour renseigner les touristes. La ville a mis en place une « conciergerie digitale » à la place.
Même chose côté employeur avec le développement du data tourism qui consiste à collecter, stocker, exploiter et analyser les données du secteur. Il peut s’agir de recensement de fêtes et manifestations, du nombre de nuitées dans un territoire donnée, du mode de réservation, etc. « La centralisation de la data nous permet d'observer pour pouvoir anticiper les besoins », affirme Amélie Moine, Directrice tourisme, culture, sport à Guingamp - Paimpol Agglomération.
Lire le témoignage de Thierry Acquitter, chef d’entreprise dans l’hôtellerie et co-fondateur la société d’investissements immobilier Bigouden makers
Laura Hubert, conseillère voyages chez Voyageurs du Monde à Rennes (35) © Jérôme Sevrette
Concilier développement local et tourisme
« Avant, on cherchait à attirer les touristes étrangers - qui d'ailleurs ne représentent ici qu'une infime partie des visiteurs. Aujourd'hui, on a plutôt envie de créer des offres pour les habitants. […] De toute façon, ce qui leur sert va aussi servir aux touristes », explique Amélie Moine, Directrice tourisme, culture, sport à Guingamp - Paimpol Agglomération.
Dans le Schéma régional de développement du tourisme et des loisirs de la Région, document réglementaire qui “fixe les modalités et les conditions de mise en œuvre des objectifs définis par le plan régional, notamment en matière de financement” c’est d’ailleurs écrit noir sur blanc : il s’agit de « penser le tourisme en tenant compte des usages locaux en garantissant comme règle prioritaire que les projets de développement et d’aménagement servent l’intérêt des habitants ».
Lire le témoignage d’Amélie Moine, Directrice tourisme, culture, sport à Guingamp - Paimpol Agglomération.
La pointe Saint-Efficace sur la côte d'Émeraude (22) © Jérôme Sevrette
… Et l’impact du tourisme sur le changement climatique
Comme tous les secteurs, le tourisme mène une réflexion sur son empreinte écologique. Et aujourd’hui, 70% des émissions de gaz à effet de serre du secteur sont liés au transport. « Il y a un grand travail à faire sur la manière dont les acteurs touristiques fonctionnent, notamment sur la question du transport en général et de l’avion en particulier. Dans les années à venir, cette question se posera. Après, les évolutions vont dépendre du contexte national et international », dit Emmanuel Sélim, maître de conférences à l’Institut supérieur hôtellerie tourisme alimentation (ISTHIA) de l’université de Toulouse.
Une tendance de fond qui change déjà le comportement de certains touristes pour Thierry Acquitter, chef d’entreprise dans l’hôtellerie et la restauration dans le Finistère. « Depuis 10 ans que je possède cet hôtel à Lesconil, je vois une accélération du nombre de clients qui viennent en randonnée et une explosion du cyclo-tourisme grâce aux vélos à assistance électrique », explique-t-il.
« Si on poursuit la trajectoire actuelle, on voit bien que les visiteurs vont être de plus en plus en recherche de destinations accessibles avec des moyens de transport collectifs ou doux ».
Embouteillage dans une rue très fréquentée © Tonia Kraakman / Unsplash
Un data center © Adobe stock
Les formations en Bretagne
Des exemples de formations après la 3e
Des formations après le bac
- BTS Tourisme
- BTS Management en hôtellerie-restauration option A : management d'unité de restauration
- BTS Management en hôtellerie - restauration option B : management d'unité de production culinaire
- BTS Management en hôtellerie - restauration option C : management d'unité d'hébergement
- Licence pro Métiers du tourisme : communication et valorisation des territoires
- Diplôme de Manager dans l'hôtellerie restauration
- Master Tourisme
Sources et ressources
- Mon emploi tourisme : un site dédié aux offres d’emploi dans le tourisme
- Bretagne emploi tourisme : un site dédié aux offres d’emploi dans le tourisme en Bretagne
- Le site de la Semaine des métiers du tourisme
- France tourisme durable : la plateforme dédiée aux professionnels du tourisme engagés dans la transition durable
- Un quiz sur les métiers du tourisme par l’Onisep
- Près de 81 000 emplois liés au tourisme en Bretagne, Insee Analyses Bretagne, 2022
- Études & chiffres clés, Tourisme Bretagne
- Schéma régional de développement du tourisme et des loisirs, Région Bretagne, 2020-2025
- Reflet, La fréquentation touristique en Bretagne, 2023