L’énergie est indispensable au fonctionnement de notre société

Nous nous en servons pour tout ou presque : nous déplacer, construire des logements, nous nourrir, etc. En Bretagne, comme partout en France, nous ne produisons qu’une petite partie de ce que nous consommons. L’énergie produite est majoritairement renouvelable, et nécessite l’intervention de professionnel·les varié·es pour le montage de projets, la production, la maintenance et la distribution. 
 

Turbine du projet du Parc Hydrolien de Paimpol Brehat (22)

Les chiffres clés

En 2020, il y avait 85 000 emplois dans les énergies renouvelables (EnR) en France. Les trois quarts des emplois se concentrent dans le secteur des pompes à chaleur, du bois, du photovoltaïque et de l'hydroélectricité. 

En Bretagne, la majorité des énergies produites est renouvelable. Le bois domestique arrive largement en tête suivi par les pompes à chaleur et l’éolien terrestre. Si la production d’EnR a beaucoup augmenté ces dernières années, nous produisons seulement une petite partie de ce que nous consommons. Les produits pétroliers représentent encore 43 % de la consommation. 

L’objectif est de multiplier par 7 la production d’énergies renouvelables en 2040 par rapport à 2012 dans la région. Cela représente de nombreux emplois à la clé. Le Ministère de la Transition écologique évoque entre 100 000 et 600 000 emplois supplémentaires dès 2030 en France.
 

  • 85K

    emplois en France en 2020

  • 23 %

    de la consommation régionale est produite en Bretagne

  • 70 %

    de l’énergie produite en Bretagne est renouvelable

  • x7

    d’énergies renouvelables en 2040

Nicolas Lebert, ingénieur en énergie solaire au Syndicat départemental d'énergie et d'équipement à Quimper dans le Finistère.

La tendance est à l'électrification des usages 
et de la production.
Cédric Philibert, chercheur à l’Ifri

Vos questions

Les énergies renouvelables sont plus nombreuses qu’on ne le pense. Elles comprennent cinq familles :  solaire, éolien, hydraulique, géothermie et biomasse. Elles sont considérées comme inépuisables et engendrent peu d’émissions polluantes et peu de déchets, à l’inverse des énergies fossiles.

Le nucléaire n’entre pas dans cette catégorie car l’uranium n’est pas une ressource inépuisable. L’Agence internationale de l’énergie estime que les réserves mondiales permettraient d’utiliser cette technologie durant encore 130 ans. En revanche, elle est considérée comme une énergie bas carbone, c’est-à-dire que sa production n’émet pas ou peu d’émissions de gaz à effet de serre.
 

Les métiers liés aux énergies renouvelables sont extrêmement variés : postes techniques (maintenance des éoliennes, installation de panneaux photovoltaïques, etc.), ingénierie, conseil et gestion de projet, commerce, etc. 

Aussi, il est possible de travailler dans ce secteur avec un CAP comme avec un diplôme d’ingénieur, un master, voire davantage. « Il y a de plus en plus d'emplois dans la transition énergétique et les énergies renouvelables avec un manque important de candidats sur les métiers techniques », explique Damien Chagnaud, membre du Syndicat des énergies renouvelables.

Tous les scénarios misent sur une augmentation très importante des énergies renouvelables en France. En Bretagne, l’objectif est de passer d’environ 14 500 Gigawatt-heure (GWh) en 2020 à 59 000 GWh d’ici 2050 ! Cela implique des recrutements massifs pour le montage de projets, la production, la maintenance et la distribution. Le Syndicat des énergies renouvelables évoque un passage de 166 000 emplois en 2019 à 264 000 en 2028 à l’échelle nationale. 

La production d’énergies renouvelables aura par ricochet des effets bénéfiques sur l’emploi dans d’autres domaines comme la rénovation des bâtiments. « Un grand nombre de constructions présentent en effet un potentiel intéressant pour installer du solaire mais elles ne sont pas capables de les accueillir aujourd’hui », explique Coralie Saenz, membre du Syndicat des énergies renouvelables et cheffe de projet à Kallista energy. En effet, la pose de panneaux peut nécessiter des aménagements.

La géothermie (les pompes à chaleur) et le bois sont celles qui concentrent de loin le plus d’emplois. Une des caractéristiques de ces énergies est qu’elles sont utilisées à l’échelle des foyers. Ensuite, on retrouve le solaire photovoltaïque, l’hydroélectricité et l’éolien terrestre.
A noter, l’installation récente du premier parc éolien marin de Bretagne à Saint-Brieuc qui a permis la mobilisation de 1 700 emplois dont 500 dans la région. 

Et ce n’est que le début puisque l’éolien en mer doit devenir la première source de production d’énergie en Bretagne d’ici 2040. « Le premier atout de la Bretagne, c’est sa façade maritime et les projets éoliens en mer. C’est notre plus gros potentiel », affirme David Clausse, directeur du Syndicat départemental d’énergie d’Ille-et-Vilaine.

Une tendance à l'électrification

« La tendance est à l'électrification. Ça concerne la production d'énergie, notamment le solaire et l'éolien. Et puis en même temps, il y a l'électrification des usages qui se développe : véhicules, pompes à chaleur, procédés industriels, réseaux, stockage, etc. […] On va avoir besoin d’électriciens de toutes sortes », explique Cédric Philibert, chercheur à l’Ifri (Institut français des relations internationales) et ancien membre de l’Agence internationale de l'énergie. 

En France, la production d’électricité est majoritairement assurée par les centrales nucléaires mais aussi par les énergies fossiles (charbon, gaz, fioul) et renouvelables (solaire, éolien, etc.). L’objectif annoncé est d’atteindre la neutralité carbone en 2050 en France, ce qui implique de remplacer progressivement l’utilisation des énergies fossiles.  L’augmentation considérable de la production d’EnR va également réduire la part du nucléaire dans l’offre énergétique globale. 

Tendance à l'électrification

Ajouter du social à la technique

« Nous aurons aussi besoin de gens capables de dialoguer avec la population pour expliquer les projets.  Les questions d'acceptabilité sont très importantes pour déployer les énergies renouvelables », affirme Cédric Philibert, chercheur à l’Ifri (Institut français des relations internationales) et ancien de l’Agence internationale de l'énergie. 

C’est notamment le rôle des conseiller·ères-énergie, que l’on peut retrouver dans les collectivités locales, associations environnementales, structures publiques ou les entreprises privées. « Il ne faut pas faire les projets trop vite afin que les gens puissent discuter et que ce ne soit pas vécu comme une chose imposée. De nouveaux métiers apparaissent notamment autour de la concertation territoriale relative au développement des énergies renouvelables », renchérit David Clausse, directeur du Syndicat départemental d’énergie d’Ille-et-Vilaine.

Lire l’interview complète de David Clausse, directeur du Syndicat départemental d’énergie d’Ille-et-Vilaine 

Benjamin Arnold, conseiller énergie chez Ener'gence à Brest (29)

Augmenter considérablement la production d’EnR en Bretagne

Dans le Schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (Sraddet), la Région Bretagne fixe des objectifs pour tendre vers l’autonomie énergétique en multipliant considérablement la production de la majorité des énergies renouvelables, l’éolien marin et terrestre, le solaire et le biogaz en tête. A l’inverse, les énergies hydrauliques et marémotrices devraient stagner.

« L'éolien et le solaire, ce sont les énergies dont les potentiels sont très largement supérieurs à tous nos besoins courants futurs. Elles vont dominer à terme, ça ne fait aucun doute.  […] L'éolien marche mieux en hiver, le solaire en été, mais en hiver, notre consommation d'électricité est double par rapport à notre consommation en été, on a donc absolument besoin de l'éolien », explique Cédric Philibert, chercheur à l’Ifri (Institut français des relations internationales) et ancien à l’Agence internationale de l'énergie.

Lire l’interview complète de Cédric Philibert, chercheur à l’Ifri 

Immerse de l'hydrolienne à Brest (29)

Décentraliser l’énergie et reconstruire les réseaux

« Pendant longtemps, la production en France a été très centralisée avec de gros spots et de grands réseaux qui parcourent le pays jusqu'aux consommateurs. Désormais, on multiplie les installations de production partout sur le territoire, ce qui fait que le réseau va devoir s’adapter », précise David Clausse, directeur du Syndicat départemental d’énergie d’Ille-et-Vilaine.

La loi APER (Accélération de la Production d'Énergies Renouvelables) promulguée en 2023 va dans ce sens. « [Ce texte] donne le pouvoir aux communes de s'impliquer encore plus dans le développement de projets », explique Coralie Saenz, membre du Syndicat des énergies renouvelables et chargée de projet à Kallista energy. 

La rénovation des réseaux de distribution d’énergie va donc représenter un enjeu de taille à mener en parallèle de l’augmentation de la production d’énergies renouvelables.  « L'augmentation de la consommation électrique et la décentralisation de la production vont faire que toutes les régions françaises devront investir dans le réseau électrique », explique Damien Chagnaud, responsable territoires au Syndicat des énergies renouvelables.

Ces bouleversements vont aussi entraîner des conséquences sur la gestion de la demande. « Jusqu'ici, on incitait les gens à consommer la nuit pour stocker l'électricité du parc nucléaire. Désormais, on va plutôt aller vers des systèmes où on invitera les gens à consommer en journée quand le solaire, notamment, produit », complète-t-il. 

Lire l’interview complète de Damien Chagnaud et Coralie Saenz, membre du Syndicat des énergies renouvelables 


 

Décentraliser l’énergie et reconstruire les réseaux

Réduire ses impacts sur la biodiversité

« Il faut être vigilant à l'impact des énergies renouvelables sur la biodiversité et les écosystèmes en essayant de minimiser les conséquences négatives de leurs déploiements », affirme Damien Chagnaud, Responsable territoires au Syndicat des énergies renouvelables.  

Toutes les techniques ayant un impact sur le vivant, cela nécessite de faire des choix : « Dans l'instruction de ces dossiers, il faut se demander si l'effet négatif sur la biodiversité est acceptable par rapport à l'effet positif en ayant une vision globale », complète David Clausse, directeur du Syndicat départemental d’énergie d’Ille-et-Vilaine. « Ce n’est pas en bloquant les projets qu'on va trouver la solution mais plutôt en réduisant les effets négatifs de tout ce qui existe depuis des années et qui, pour le coup, a des effets négatifs très importants. » 

Selon l’IPBES (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques), 1 million d'espèces animales et végétales sont aujourd'hui menacées d'extinction dans le monde. En Bretagne, une espèce sur cinq risque de disparaitre.
 

Chemin piétonnier à travers les Landes de Magoar Penvern à Glomel (22)
Parc éolien de Saint-Brieuc (22)

Il y a de plus en plus d'emplois dans la transition énergétique et les énergies renouvelables.
Damien Chagnaud, Syndicat des énergies renouvelables (SER)

Sources et ressources

Pour aller plus loin

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