Une ressource qui répond à des enjeux très actuels

Renouvelable, recyclable, biodégradable… Le bois est un allié de taille pour répondre aux enjeux climatiques. Tout au long de sa croissance en forêt puis lorsqu’il devient matériau, ses atouts sont multiples. Il protège les sols de l’érosion, crée des îlots de fraîcheur, stocke le carbone, constitue un isolant thermique et acoustique… Sans oublier ses qualités esthétiques.

Si la superficie de la forêt bretonne est inférieure à la moyenne nationale, la filière du bois se développe dans la région. Elle offre une diversité de métiers avec des emplois en gestion forestière, première transformation du bois (sciage, bois énergie, pâte à papier), commercialisation, fabrication de meubles, construction ou rénovation de bâtiments.

Deux adultes se forment à la construction bois

Les chiffres clés

La forêt représente 16 % du territoire breton pour une moyenne nationale de 31%. Elle compense 9 % des émissions de gaz à effet de serre de la région.

Fin 2023, la filière comptait 23 600 emplois en Bretagne dans plus de 3 000 entreprises. Les femmes occupaient 17 % de ces emplois. 
C’est la construction bois qui compte le plus d’emplois avec 9 950 salarié·es, suivie par le commerce du bois (5 450 salarié·es), le sciage et le travail du bois (3 760 salarié·es), la fabrication de papiers et cartons (2 410), la fabrication de meubles (1 520), l’emballage (700), la sylviculture et l’exploitation forestière (510 salarié·es).

En Bretagne, la part de construction bois dans le total des maisons individuelles est passée de 8 % en 2016 à 12 % en 2022, soit une augmentation de 50 % en 6 ans. Le marché se développe de manière régulière. 

  • 16 %

    du territoire breton

  • 9 %

    des gaz à effet de serre compensés

  • 23K

    emplois fin 2023

  • +50 %

    de construction bois de 2016 à 2022

Vos questions

Certains métiers du secteur nécessitent une bonne condition physique. En forêt, les plantations d’arbres se réalisent en automne et en hiver quand les conditions météorologiques sont moins clémentes. Les opérations de coupe et d’entretien s’effectuent sur des terrains parfois difficiles d'accès. Elles impliquent de manier des outils comme les masses, les pioches et les tronçonneuses. Dans les scieries ou les ateliers de travail du bois, les salarié·es peuvent être amené·es à porter de lourdes pièces de bois.

Des innovations technologiques viennent cependant améliorer les conditions de travail. Les outils deviennent plus légers et maniables. Parallèlement, des exosquelettes commencent à apparaître et permettent d’assister les professionnel·les dans les travaux sylvicoles. En forêt, certaines tâches auparavant réalisées manuellement s’effectuent maintenant à l’aide de mini-pelles sur lesquelles viennent s’adapter différents accessoires. Les engins de chantiers forestiers s’équipent également de GPS permettant de repérer le parcours des machines et de vérifier à distance que les parcelles ont toutes été visitées.

Dans les scieries, des systèmes robotisés se développent pour manipuler les troncs, réaliser le tri du bois, déplacer les planches d’une machine à l’autre et les ranger sur des palettes…  Ils permettent ainsi de réduire les tâches répétitives et les risques professionnels associés à la manipulation de charges lourdes. 
Les entreprises de construction bois quant à elles effectuent une grande partie de leur activité en atelier où les ouvrages sont préfabriqués, permettant ainsi des temps de pose réduits sur les chantiers.

Du CAP au bac+5, voire bac+8 si on s’oriente vers la recherche, il existe un large éventail de formations menant aux métiers du bois.

  • Après la classe de 3e, des CAP et bacs professionnels permettent d’intégrer la filière et de se former à différents métiers de la gestion forestière, de la construction ou du travail du bois (charpente, menuiserie, agencement…). 
    Certaines formations mènent aussi aux métiers de l’artisanat d’art, comme le CAP Ébéniste ou le CAP Arts du bois option sculpteur ornemaniste.
  • A bac+2 ou bac+3, plusieurs BTS et licences pros permettent d’intervenir dans la conception de produits ou de bâtiments en bois, d’organiser leur fabrication ou de suivre des chantiers de construction.  Des BTS agricoles forment des professionnel·es capables d’organiser et de suivre des chantiers forestiers ou encore des spécialistes du commerce du bois.
  • A bac+5, il existe des diplômes d’ingénieur spécialisés dans le bois comme le diplôme d'ingénieur de l'École nationale supérieure des technologies et industries du bois (ENSTIB) dans la région Grand Est, celui de l'École supérieure du bois (ESB) à Nantes ou encore le diplôme en Sciences et ingénierie forestières de l’école AgroParisTech.
  • Enfin, la formation continue propose également des formations pour se reconvertir aux métiers du bois : élagueur, charpentier, constructeur bois, ébéniste, responsable de chantier forestier… 

Contrairement aux idées reçues, la superficie de la forêt bretonne est en progression constante. Selon l’Observatoire de l’environnement en Bretagne, « la forêt augmente chaque année en surface. Depuis la moitié du 19e siècle elle a presque doublé et chaque année, il y a entre 4 000 et 5 000 ha de nouvelles forêts ». 

Les nouvelles surfaces boisées proviennent pour une partie de terres agricoles à l’abandon, colonisées naturellement par des arbres. Elles sont aussi le résultat de politiques publiques en faveur de l’arbre. 
En Bretagne, entre 2019 et 2023, un programme « Breizh forêt bois » a ainsi permis de boiser 2000 hectares. Un Plan breton pour l’arbre quant à lui ambitionne de planter 5 millions d’arbres supplémentaires d'ici 2028. Objectifs de ces actions : lutter contre le réchauffement climatique en séquestrant du carbone grâce aux arbres plantés, préserver la biodiversité, produire une ressource de qualité pour la construction et garantir une gestion durable de la forêt. 
De la même manière, au niveau national, des dispositifs visent à favoriser le renouvellement forestier comme le plan France 2030.

En 2024, plus de 4 700 projets d’embauche étaient comptabilisés en Bretagne. La filière recherche des candidat·es et connaît des difficultés de recrutement pour ses diverses activités.
Dans son enquête Besoins en main-d’œuvre 2025, France Travail recense ainsi 900 projets de recrutement d’ouvriers qualifiés en menuiserie et en agencement du BTP, 420 projets de recrutement de charpentiers bois et métal, 260 recrutements de conducteurs d'engins agricoles ou forestiers ou encore 210 recrutements de bûcherons, sylviculteurs et agents forestiers.

« La filière est en croissance, explique Amina Talaout, chargée de mission emploi - compétences de l’association Fibois Bretagne. C’est la construction bois qui concentre le plus d’emplois avec des postes de charpentiers, constructeurs bois, agenceurs… mais aussi des métiers de bureau comme celui de chargé d’études en construction bois en plein essor. »

Si en 2025, les marchés de la construction et de la rénovation de logements sont en recul, l’emploi y reste relativement stable, précise une enquête de la Cellule économique de Bretagne. 
Les évolutions réglementaires dans le domaine de la construction, comme la Réglementation environnementale 2020 (RE 2020) qui encourage l'usage de matériaux à faible impact carbone, devraient permettre à la filière de continuer à se développer. Ainsi, « deux études prospectives récentes estiment que la demande en bois pour la construction en France pourrait augmenter de 29 % à 49 % entre 2019 et 2050 », rappelle une note du centre d’études et de prospective du ministère de l’Agriculture. 

Lire le témoignage d'Amina Talaout, chargée de mission chez Fibois Bretagne

Poutres de bois en gros plan

Les politiques publiques encouragent l'utilisation du bois, notamment dans la construction

L’adaptation de la filière au changement climatique

Face au changement climatique, la filière dans son ensemble s’adapte. En première ligne, la gestion forestière doit faire preuve d’anticipation. Maladies, sécheresses, incendies… Les modifications du climat impactent déjà certains arbres. L’objectif pour les technicien·nes et ingénieur·es forestiers : rendre la forêt plus résiliente, c’est-à-dire capable de résister face aux différents stress induits par le changement climatique. « Aujourd’hui, lorsqu’un projet de boisement est étudié, la notion d’évolution du climat prend une part prépondérante sur le choix des essences et leur capacité à s’adapter », explique Éric Sinou, technicien forestier au CNPF (Centre national de la propriété forestière).

Pour comprendre quelles espèces seront les plus adaptées face au changement climatique, des parcelles expérimentales sont mises en place en Bretagne. « On plante sur une même parcelle diverses essences, de provenances différentes, pour voir l’évolution de chaque espèce. On compare aussi différents types de sylviculture. »  Et la patience est de mise dans ce travail de recherche car les arbres mettent des décennies à pousser. « En forêt, on travaille sur du long terme », rappelle Eric Sinou.

Si les arbres sont fortement impactés par le changement climatique, ils représentent aussi une des solutions pour en atténuer les effets. Séquestration du carbone, création d’îlots de fraîcheur, protection des sols contre l’érosion… Les services rendus sont nombreux et se prolongent au-delà de sa croissance en forêt. 
Le bois est aussi un allié dans la transition écologique lorsqu’il est utilisé comme matériau de construction. Les politiques publiques encouragent son utilisation, notamment dans le secteur du bâtiment, comme la Réglementation environnementale 2020 (voir la partie sur les recrutements). Autre avantage de cette ressource : rien ne se perd. L’exploitation du bois d’œuvre génère des « coproduits », c’est-à-dire des produits secondaires issus de la fabrication du produit principal. Les parties de l’arbre non utilisées sont ainsi valorisées en bois de chauffage, en paillage ou en panneaux de particules. 

Lire le témoignage complet d'Éric Sinou

Gros plan sur les mains d'un technicien forestiers qui montrent des feuilles

Nouvelles technologies et développement du numérique

Le développement de nouvelles technologies se retrouve tout au long de la filière, permettant une gestion plus fine de la ressource. En amont, la surveillance des forêts par drone se répand. Elle permet de repérer des zones impactées par des maladies ou encore de détecter des départs de feux.  
De la même manière, l’imagerie satellite ou la télédétection apportent aux forestiers une connaissance détaillée de la forêt, à l’exemple de la technologie LIDAR, « LIght Detection And Ranging ». Ce système de télédétection, qui émet des impulsions infrarouges depuis un avion, permet d’obtenir une description très précise du sol et de la végétation. Avantage de cet inventaire extrêmement fin : pouvoir surveiller la forêt dans le temps, faciliter la planification des travaux forestiers et aider à une gestion durable de la forêt.

L’intelligence artificielle trouve également diverses applications en gestion forestière : modélisation des évolutions du climat, du comportement des différentes essences face au changement climatique, prédiction des risques d’incendie… « Ce sont surtout des outils d’aide à la décision, précise Eric Sinou, technicien forestier. A cela il faut ajouter nos connaissances et expériences de terrain. On travaille avec du vivant. En forêt, ça ne se passe jamais comme on l’a prévu. »

En aval, la transformation du bois et la construction ne sont pas en reste. Des machines à commande numérique permettent déjà d’optimiser la découpe du bois et d’obtenir des formes complexes. Avec un résultat d’une très haute précision, au dixième de millimètre.  
L’arrivée de l’intelligence artificielle permet d’aller encore plus loin. En détectant les défauts dans le bois, elle détermine le meilleur moyen d’utiliser la pièce et adapte la découpe en limitant au maximum les pertes.

Lire le témoignage d'Amina Talaout, chargée de mission chez Fibois Bretagne

Drone voulant dans les airs

Des innovations dans les méthodes de construction et dans l’utilisation des matériaux

Si le bois est un des plus anciens matériaux de construction (la plus ancienne structure en bois connue date de presque 500 000 ans !), des innovations voient encore le jour concernant sa mise en œuvre. Parmi les exemples les plus spectaculaires : la construction d’immeubles en bois de très haute taille. De nouvelles méthodes de construction hors-site, l’utilisation de matériaux comme le lamellé-collé et le lamellé croisé permettent ainsi aux constructions de monter toujours plus haut.

A côté des méthodes de construction, des innovations concernent aussi le matériau lui-même. La chimie du bois continue ainsi d’explorer les potentialités des molécules qui le composent Elle trouve des applications dans divers secteurs comme la pharmaceutique, la cosmétique, l’agroalimentaire, la construction ou encore des biocarburants et pourrait permettre notamment de valoriser les résidus de bois issus des scieries.

Enfin le bois entre dans la composition de nouveaux matériaux. C’est ainsi que le béton de bois, matériau composite, mélange de ciment, de fibres ou de plaquettes de bois broyées représente un nouveau potentiel pour la construction. Deux à trois fois moins lourd que le béton traditionnel, avec un bilan carbone négatif, des performances hydriques, thermiques et acoustiques supérieures, il commence à être utilisé dans la construction de murs porteurs.

Stries dans un tronc d'arbre

Vers une valorisation du bois local

Autre perspective de développement de la filière : la valorisation du bois local. 80% de la forêt bretonne est en effet composée de feuillus (chênes, châtaigniers, saules…) quand ce sont surtout les résineux qui sont transformés en scierie pour être utilisés en construction. 

Partant de ce constat, un collectif du Pays de Brest s’est donné pour objectif de construire une filière pour utiliser les essences locales de feuillus en bois d’œuvre. « Notre enjeu, c’est d’aller vers les communes et les petits propriétaires qui souvent ne gèrent pas leurs espaces boisés, explique Erwan Burel, chargé de mission économie du collectif Forêt bois du Pays de Brest. A chaque fois qu’on va identifier un petit gisement de bois, on va déclencher un accompagnement du propriétaire pour l’aider à valoriser localement son bois. » 

Parallèlement, le collectif souhaite travailler sur la demande des entreprises en bois local.  « Une personne aura pour mission de rencontrer les maîtres d’ouvrages, les promoteurs, les bailleurs sociaux, les communes… pour les sensibiliser à l’utilisation du bois local dans leurs projets. Elle pourra les accompagner en élaborant des cahiers des charges, en trouvant des entreprises prestataires et en facilitant la réalisation des projets. »

Forêt vue d'en haut
Une main de femme travaille une planche au ciseau

Techniques traditionnelles et innovations technologiques se côtoient dans le secteur

Sources et ressources

  • www.onf.fr :  le site de l’ONF (Office national des forêts) et ses nombreuses ressources pour comprendre la forêt et les métiers de la gestion forestière
  • www.cnpf.fr : le site du CNPF (Centre national de la propriété forestière) et notamment sa rubrique sur la gestion durable des forêts
  • www.fiboisbretagne.fr : le site de l’interprofession du bois en Bretagne propose des informations sur la filière en région, un calendrier des événements, un annuaire des entreprises…
  • www.metiers-foret-bois.org : pour s’informer sur les métiers et les formations de la forêt et du bois
  • https://foretbois-paysdebrest.bzh : pour découvrir les actions du collectif Forêt-Bois Pays de Brest et notamment la valorisation du bois local
  • La chaine TikTok Verywoodmetiers : www.tiktok.com/@verywoodmetiers et ses vidéos sur les métiers du bois

Pour aller plus loin

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