La Bretagne, première région sportive française.
Avec la plus forte proportion de licences sportives dans sa population - plus de 600 000 délivrées en 2022 selon l'Insee -, la Bretagne se hisse sur la première marche du podium. On y pratique le sport en loisir ou en compétition, en club ou en autonomie, en plein air, en intérieur, sur la mer et la terre ferme.
A côté des activités relevant directement du secteur comme l’encadrement des pratiquant·es ou la gestion d’équipements sportifs, une diversité de métiers peuvent s’exercer en lien avec le sport. On trouve des professionnel·les pour suivre l’état de santé des sportifs et sportives, organiser des compétitions, vendre ou louer des articles de sport...
Faustine Noël, athlète para badminton en lice pour les JO 2024 © Jeremias-Gonzalez
Les chiffres clés
En 2022, selon l’Insee, 609 000 licences sportives ont été délivrées dans les 6 300 clubs bretons pour 3 429 900 habitant·es, ce qui fait de la Bretagne la 1re région sportive.
C’est le football qui domine largement avec ses 147 100 licéncié·es en 2022, suivi par le tennis (43 200). Spécificité de notre région tournée vers la mer, la voile est le 3e sport le plus pratiqué (39 400 licencié·es). Elle est suivie de l’équitation, du basketball et du handball.
En 2025, la région compte 754 sportifs et sportives de haut niveau sur un peu plus de 16 655 au niveau national.
Côté emploi, selon l’enquête « Besoins en main d’œuvre » de France travail, en 2025, la Bretagne recense 1650 projets de recrutement de sportifs et animateurs sportifs, dont 69% pour des emplois saisonniers.
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600K
licences sportives
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3e
sport : la voile
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+700
sportifs et sportives de haut niveau
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1,6K
projets de recrutement en animation sportive
Vos questions
Bonne nouvelle : il n’y a pas besoin d’être un·e champion·ne olympique pour travailler dans le sport.
Certaines professions, en lien avec l’encadrement des sportifs et sportives, nécessitent certes une bonne condition physique et une pratique quotidienne, comme l’explique Tom Folain, préparateur physique du Brest Bretagne Handball, mais sans pour autant exiger des performances sportives de haut niveau.
D’autres métiers en lien avec le sport ne demandent pas de capacités physiques particulières. On trouve des professionnel·le·s dans la vente de matériel, l’encadrement de structures, l’organisation d’événements ou encore le suivi médical des sportifs. Pas besoin d’aligner les médailles pour se lancer dans ce métier, comme le précise par exemple Marion Olivier, organisatrice d’événements nautiques. "Les connaissances sportives s’acquièrent sur le terrain".
Point commun cependant entre tous les professionnel·les : un intérêt certain pour le sport qui leur permet de comprendre les problématiques des sportifs. Atout important mais pas suffisant. D’autres compétences sont essentielles selon le métier que l’on vise : pédagogie, connaissances techniques, capacités relationnelles ou encore sens de l’organisation.
On entend souvent parler de la filière STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) proposée à l’université. Mais il existe d’autres formations dans le domaine du sport, chaque cursus ayant ses spécificités. Tour d’horizon des principales possibilités.
Les formations à l’université
L’université propose plusieurs filières de formation dans le sport. La plus connue : la filière STAPS. En la choisissant, les lycéen·nes s’engagent pour plusieurs années d’études postbac : 3 ans pour préparer une licence, suivis de 2 ans pour obtenir un master. Outre les heures dédiées à la pratique sportive, d’autres enseignements plus théoriques composent l’emploi du temps des étudiant·es : psychologie, sciences humaines et sociales, anatomie, physiologie, biomécanique ou histoire du sport. La filière débouche sur les métiers de l’enseignement, le management de structures sportives, l’entraînement ou la préparation d'athlètes, l'ergonomie, les activités physiques adaptées et santé… A noter : une L1 ou une L2 de STAPS peut permettre sous certaines conditions de rejoindre des études de masso-kinésithérapie.
D’une durée plus courte, les DEUST (diplômes d'études universitaires scientifiques et techniques) sont également des diplômes proposés à l'université. Préparés en 2 ans, ils visent d’abord l’insertion professionnelle mais permettent également de poursuivre des études, notamment en licence pro.
Les diplômes du ministère des Sports : CPJEPS, BPJEPS, DEJEPS, DESJEPS
Les diplômes délivrés par le ministère des Sports donnent accès notamment aux métiers d’animateur·trice ou d’éducateur·trice sportif·ive. Préparés en alternance, ils s’adressent à des jeunes en formation initiale comme à des adultes en reconversion. Suivant leur niveau, ils débouchent sur des postes avec plus ou moins de responsabilités.
- De niveau CAP, le CPJEPS (certificat professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport) permet d’acquérir les bases pour devenir animateur ou animatrice dans les structures proposant des loisirs et des activités socioculturelles (association, maison de quartier, etc.).
- De niveau bac, le BPJEPS (brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport) prépare à davantage de responsabilités. Il permet de mettre en place des projets pédagogiques mais aussi de participer à l’organisation, l’administration et la gestion financière d’une structure. Il donne accès à des postes d’animateurs / animatrices, de moniteurs / monitrices ou d’éducateurs / éducatrices sportives.
- De niveau bac +2, le DEJEPS (diplôme d'État de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport) prépare à des activités d’encadrement et de coordination de projets en lien avec un réseau de partenaires. Il peut aussi mener à des fonctions d’entraîneur / entraîneuse sportive dans une discipline.
- De niveau bac +3, le DESJEPS (diplôme supérieur d'État de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport) forme à des postes de direction dans des associations, des clubs sportifs, des entreprises, des collectivités territoriales. Les diplômé·es sont responsables de la mise en œuvre collective, technique et financière du projet de la structure. Le diplôme peut conduire également à des métiers d’entraîneur / entraîneuse de haut niveau dans une discipline sportive ou encore de formateur / formatrice.
Les diplômes de la branche professionnelle du sport
Délivrés par la branche professionnelle du sport et les fédérations, les CQP (certificats de qualification professionnelle) permettent d'encadrer des séances sportives. Préparés généralement sur quelques semaines ou quelques mois, ils apportent un premier niveau de qualification dans l’encadrement d’une discipline et permettent d’exercer comme animateur /animatrice, moniteur / monitrice ou éducateur / éducatrice d’une activité physique. Par rapport aux diplômes du ministère des Sports, l’activité est plus limitée en termes de public accueilli (âge, nombre de personnes) ou de nombre d’heures d’enseignement autorisé par an.
Enfin, certaines fédérations sportives délivrent des titres à finalité professionnelle qui permettent d'enseigner un sport de façon rémunérée, comme par exemple, le brevet de moniteur de football ou encore le titre d'accompagnateur de tourisme équestre.
Les diplômé·es de la filière sport s’insèrent relativement bien selon une enquête de l’INJEP (l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire) parue en mai 2024. Ainsi, en 2020-2021, 3 ans après l’obtention de leur diplôme, 83 % des jeunes diplômé·es de la filière Jeunesse et sports (BPJEPS, DEJEPS, DESJEPS) sont en emploi. Ils bénéficient ainsi d’une « meilleure insertion professionnelle que les autres diplômés de niveau équivalent et que l’ensemble de leur génération », précise l’enquête. Les diplômé·es de la filière STAPS ne sont pas en reste : en 2020, 3 ans après l’obtention de leur diplôme, 82 % d’entre eux sont en emploi.
Les emplois du secteur se trouvent majoritairement dans les structures privées (associations sportives, centres privés de remise en forme et de loisirs…) puis dans la fonction publique.
Si les jeunes de la filière "Jeunesse et sports" trouvent du travail, ils sont cependant plus souvent à temps partiel que les autres diplômé·es relève l'INJEP (28 % des titulaires d’un diplôme « Jeunesse et sports » ne travaillent pas à temps complet), ont plus fréquemment plusieurs emplois (20 %) et sont davantage non-salariés (15 %).
Les diplômé·es de STAPS sont pour 13% d’entre eux à temps partiel, selon une étude de la Conférence des Directeurs et Doyens (C3D) STAPS menée sur les diplômé·es de 2021. Ils s’insèrent dans le sport et l’éducation pour 20% d’entre eux, l’entraînement pour 19%, le sport et santé pour 18% et sont 26% à travailler hors secteur sportif.
Le métier d’éducateur ou éducatrice sportive, fréquemment choisi par les diplômé·es du secteur, n’est pas forcément exercé sur le long terme. Ainsi, selon une enquête de l’Insee parue en 2022, 3 salarié·es sur 10 exerçant le métier d’éducateur sportif en tant qu’activité principale, « choisissent de changer de métier, de manière durable, le plus souvent pour gagner en stabilité dans leur carrière ».
Les femmes sont minoritaires dans le sport, que ce soit parmi les pratiquant·es ou les professionnel·les du secteur.
En Bretagne, en 2022, elles ne représentent ainsi qu’un tiers des licencié·es sportifs·ives. Cette proportion se retrouve parmi les sportifs·ives de haut niveau (en 2018, 36 % de femmes en Bretagne).
Moins représentées, les femmes sont également moins rémunérées et moins médiatisées. De 2018 à 2021, pointe l’Arcom (l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique), sur l’ensemble des chaînes de télévision, le volume horaire de « sport masculin » est ainsi 16 fois plus élevé que celui du « sport féminin ».
Au-delà de la pratique sportive, les inégalités femmes/hommes se retrouvent au niveau des postes d’encadrement et de direction, comme le rappelle le site Vie publique. En France, on recense ainsi 19 présidentes pour 115 fédérations, ou encore 11 femmes sur 70 directeurs techniques nationaux (DTN).
Face à ces constats, les pouvoirs publics mettent en place un certain nombre de mesures comme la loi du 2 mars 2022 qui instaure la parité dans les instances dirigeantes sportives ou encore le label « Terrain d’égalité » qui vise à promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes lors des grands événements sportifs internationaux.
L'amour du sport ne suffit pas © Adobe Stock
L'intérêt pour le sport ne suffit pas, d'autres compétences sont essentielles
Une diversification des lieux et des manières de pratiquer un sport
Les associations et clubs sportifs ne sont plus le seul cadre de la pratique sportive. La tendance est à la diversification des lieux et des manières de faire du sport : dans des salles de sport privées, sur son lieu de travail, à domicile ou à l’extérieur… Une partie des pratiquant·es recherche dorénavant des lieux sans contrainte de calendrier, avec des équipements en libre accès, permettant une activité autonome ou avec un encadrement plus personnalisé.
Pour répondre à ces nouvelles pratiques, le nombre de salles de fitness ou de coachs sportifs indépendants progresse quand, dans le même temps, le modèle associatif perd du terrain. Et de nouvelles formes d’emplois se développent : auto-entrepreneuriat, double statut salarié-autoentrepreneur, pluriactivité…
Une diversification des lieux et des manières de faire du sport © Adobe Stock
L’impact du numérique et des nouvelles technologies
Le développement de nouvelles technologies fait également évoluer les pratiques sportives. On peut désormais suivre des cours en ligne, créer son propre programme sportif grâce à des applications, se faire accompagner par un coach virtuel ou faire partie de groupes sportifs sur les réseaux sociaux... Les outils connectés se multiplient également (montres, bracelets, tapis de courses, vélos…). Ils permettent de mesurer et d’analyser les données de sa pratique sportive pour mieux l’ajuster ensuite.
Le secteur s’adapte à ces évolutions. Dans le sport de haut niveau, de nouveaux métiers apparaissent comme les analystes vidéo sport ou analystes de la performance sportive qui réalisent des montages vidéo de rencontres sportives ou de sessions d’entrainement afin d’aider les staffs techniques dans leurs choix tactiques. Dans la même veine, des sports scientists analysent les données des athlètes (fréquence cardiaque, rythme de récupération, sommeil, état de motivation…) pour adapter l’intensité des entraînements.
Dans les clubs, les équipes se dotent de community managers (salarié·es ou bénévoles selon la taille du club) pour faire vivre leur présence sur les réseaux sociaux, animer des communautés d’internautes et valoriser leurs actions auprès de sponsors.
Les outils connectés se multiplient © Luke Chesser - Unsplash
Le développement du sport santé et du sport vecteur d’inclusion
Face aux risques sanitaires liés à la sédentarité, les pouvoirs publics ont décidé de promouvoir l’activité physique et sportive au quotidien. Le but : améliorer l’état de santé de la population. Les effets positifs du sport sur le bien-être physique et mental sont désormais reconnus : l’activité physique est vue comme un moyen de prévenir certaines pathologies chroniques. Elle est également « considérée comme une thérapeutique à part entière dans certaines maladies (diabète, obésité, dépression, accidents vasculaires, cancers, etc.) (…) », rappelle le site de Santé publique France. En 2024, le sport est d’ailleurs déclaré « grande cause nationale ».
En Bretagne comme ailleurs, une offre de sport-santé se développe en direction des personnes âgées, de personnes souffrant d’affections de longue durée ou de maladies chroniques, ou encore de pratiquants n’ayant pas fait de sport depuis longtemps. De nouvelles compétences sont ainsi demandées aux éducateurs et éducatrices sportives pour proposer des pratiques adaptées à ces nouveaux publics.
Le sport de haut niveau, quant à lui, mise de plus en plus sur la santé globale de ses athlètes. Dans les staffs des clubs, l’entraîneur collabore désormais avec le préparateur physique, le nutritionniste, le psychologue du sport ou encore le préparateur mental.
Outre ses bénéfices pour la santé, le sport est également reconnu comme vecteur d’inclusion. De nombreux projets se développent en direction des personnes éloignées de l’emploi, par exemple, ou en situation de décrochage scolaire. Les actions prennent diverses formes : stages sportifs pour retrouver confiance en soi, se remotiver ou travailler sur le savoir-être, opérations de recrutement par le biais d’activités sportives…
Pour favoriser l'insertion professionnelle par le sport, le ministère du Travail et le ministère des Sports ont créé le dispositif des clubs sportifs engagés pour accompagner les clubs de sport volontaires à développer des actions pour ramener des publics vers l'emploi.
Le sport santé se développe © Adobe Stock
L’e-sport, une discipline qui se structure
Depuis 2016, la pratique du jeu vidéo en compétition et le statut de joueur professionnel sont reconnus par la loi française. L’e-sport (sport électronique) est une filière en pleine croissance rassemblant éditeurs de jeux vidéo, joueurs professionnels, organisateurs de compétitions ou encore diffuseurs de contenus.
Le poids économique de la filière a quasiment triplé entre 2019 et 2022, précise un rapport de l’Observatoire économique de l’e-sport, paru en 2024. En revanche, l’e-sport génère encore peu d’emplois (1 017 équivalents temps plein estimés en France en 2022), avec « une sous-représentation des CDI » et une grande partie de son chiffre d’affaires réalisée par seulement quelques gros acteurs du secteur.
En 2020, la Région Bretagne a été la première en France à parrainer une équipe e-sportive, la Crazy Esport, rassemblant 6 joueurs et joueuses participant à des compétitions dans le monde entier.
L’e-sport, une filière en pleine croissance © Fausto Sandoval - Unsplash
Les bénéfices du sport reconnus © Adobe Stock
Les bénéfices du sport sur le bien-être physique et mental reconnus par les pouvoirs publics
Découvrir les métiers
Les formations en Bretagne
Formation de niveau CAP
Exemples de formations de niveau bac
- BPJEPS spécialité éducateur sportif mention voile multi-supports jusqu'à 6 milles nautiques d'un abri
- BPJEPS spécialité éducateur sportif mention activités physiques pour tous
- BPJEPS spécialité éducateur sportif mention surf et disciplines associées
- BPJEPS spécialité éducateur sportif mention équitation
Il existe de nombreuses autres spécialités de BPJEPS, à découvrir sur notre site, rubrique "Formation"
Des exemples de formation de niveau bac+1 et bac+2
- CS Animation-gestion de projets dans le secteur sportif
- DEUST Métiers de la forme
- DEUST Animation et gestion des activités physiques, sportives ou culturelles
- DEJEPS perfectionnement sportif mention voile
- DEJEPS spécialité perfectionnement sportif mention natation et disciplines associées option A : natation course-eau libre
Il existe d'autres DEJEPS, à découvrir sur notre site, rubrique "Formation"
De niveau bac +3 à bac+5
Des exemples de CQP et titres à finalité professionnelle
Sources et ressources
- MétierScope, la plateforme des emplois du sport de France travail
- Des portraits vidéos d'éducateurs et éducatrices sportives
- La chaîne Youtube sur les métiers du sport de France travail
- Les métiers du service public dans le domaine Animation, jeunesse et sport
- Un site de la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l'engagement et aux sports sur les BPJEPS et les DEJEPS proposés en Bretagne
- Football, tennis et voile, le podium des sports les plus pratiqués en Bretagne, Insee Analyses Bretagne, 2024
- Liste des sportifs français de haut niveau sur le site www.sports.gouv.fr
- Enquête Besoins en main d’œuvre, France travail, 2025
- Les chiffres clés du sport 2023 – Emploi, bénévolat et volontariat sportifs, INJEP, 2023
- Trois ans après le diplôme, 83 % des diplômés « jeunesse et sports » en emploi, INJEP, 2024
- Trajectoires d’emploi des éducateurs sportifs salariés en France : des profils variés pour des parcours diversifiés, Insee, 2022
- Premier rapport de l’Observatoire économique de l’esport, 2024
- Vision prospective partagée des emplois et des compétences, Les métiers du sport, Cereq-France Stratégie, 2019
- Activités physiques et sportives pour toutes et tous, comment mieux intégrer ces pratiques à nos modes de vie ? France stratégie, 2018