Portrait Métier
Camille Lelandais
Vendeuse de souvenirs made in France
Série de portraits: Portraits de pros
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Publié le
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Entrepreneure
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© Camille Lelandais
Bijoux, magnets, produits alimentaires : vous en avez peut-être ramenés de vos voyages sur le territoire français, mais savez-vous où ils ont été fabriqués ? « Notre pays est la première destination touristique au monde. Mais 80 % des souvenirs qui sont vendus aux touristes sont fabriqués à l'étranger. Or, il y a plein de marques qui font des produits supers et qui manquent juste d'être mieux référencées », explique Camille Lelandais. Fort de ce constat, elle a créé une entreprise de vente de produits touristiques fabriqués en France, SOUVENIRS.
Un site web et des distributeurs automatiques
Camille utilise plusieurs canaux pour rendre visibles ces produits. Le premier, c’est une marketplace – à la manière d’Amazon ou de Cdiscount – qui permet de passer des commandes en ligne. Près de 1500 produits y sont référencés, par thème, région ou type de produits. « Je ne m'occupe pas des expéditions mais je fais tout le reste : communication, marketing, création des fiches produits, partenariats, etc. ».
Elle a également mis en place deux distributeurs automatiques de souvenirs dans des lieux de forte affluence touristique où l'offre locale est peu représentée : un à la gare maritime de Ouistreham, l’autre à Saint-Malo. « A Ouistreham, il y a eu une boutique mais elle n'a pas fonctionné parce que les horaires de passage des voyageurs sont assez atypiques », indique-t-elle. « Au moins 50% des produits sont fabriqués dans la région afin de faire travailler les entreprises locales ».
Elle vend enfin ces produits directement à des entreprises. « Dernièrement, le siège d'une grande entreprise londonienne m’a contactée car il voulait des produits à offrir à leurs collaborateurs qui étaient en déplacement à Nice ».
Partir d’une “page blanche”
Diplômée en information-communication et en marketing, Camille a débuté sa carrière professionnelle chez Air France avant de s’engager auprès d’un géant de la distribution.
Elle lance son entreprise fin 2024. « J’ai mis 10 mois pour créer entièrement la marketplace et l'entreprise ! Ce qui a été le plus compliqué, c'est de partir d'une page blanche. Surtout que je n’ai pas pris le concept le plus facile et que je n’ai pas délégué grand-chose », indique-t-elle.
Accompagnement et réseau
Camille s’est fait accompagner par des professionnel·les pour mener à bien son projet. Elle a notamment bénéficié du dispositif Pass Création qui s’est traduit par un accompagnement par la CCI (Chambre de commerce et d’industrie). « C'était beaucoup d'échanges avec les conseillers qui m’ont donné de bonnes idées. Il y avait aussi des ateliers et des permanences où je pouvais rencontrer des professionnels. »
Elle a également rejoint le réseau d’aide aux entrepreneurs de moins de 30 ans, Yao! « C’est toujours intéressant d'avoir des échanges et des retours d'expérience d'autres entrepreneurs », note-t-elle. Cette structure propose notamment un système de parrainage pour guider les personnes qui intègrent le réseau.
Sur la forme, elle a opté pour une Société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) pour des raisons pratiques. « J'ai pas mal de TVA à payer avec l'achat des distributeurs automatiques et du stock de produits, et c’est ce qui m'a été conseillé par mes comptables ».
Une grande charge de travail
Camille estime son travail hebdomadaire entre 60 et 70 heures. « J'essaye d'avoir un rythme régulier et des horaires fixes mais bien souvent je les dépasse. Il faut être réaliste, au début, quand il y a tout à lancer, il faut travailler encore plus ».
Pour le moment, elle n’a pas la capacité de se rémunérer. « Même si les chiffres commencent à être bien mieux, il faut beaucoup de temps, surtout que j'ai fait beaucoup d'investissements avec les distributeurs, les logiciels, etc. ».
Beaucoup de contacts humains
Camille apprécie la diversité des missions et le fait que les journées ne se ressemblent pas. Mais c’est le contact humain avec les vendeurs qu’elle apprécie le plus. « Je suis rassurée de voir que l'offre plaît et que ça apporte vraiment quelque chose ».
Et si elle travaille depuis son domicile, elle ne se sent pas isolée pour autant. « Je vois régulièrement les vendeurs de ma marketplace et je les ai très souvent au téléphone. Je parle aussi aux fournisseurs. Je ne me sens jamais seule sauf pour les décisions et les responsabilités », conclut-elle.
Le parcours de Camille
- En 2013, Camille entre en licence Information-communication à l’Université de Rennes 2
- En 2016, elle entre en master en marketing à l’université Paris 13 d’Argenteuil (95). Elle réalise une alternance à Air France comme chargée de partenariats et expérience client
- Après ses études, elle part dix mois en Australie pour améliorer son anglais. Elle travaille dans un café et réalise des missions de saisonnière
- Entre 2020 et 2024, elle travaille chez Carrefour à Massy (91) comme manager process expérience client. Concrètement, elle est chargée de la relation client sur les sites e-commerces dédiés aux opérations commerciale (foire aux vins, noël, etc.)
- Fin 2024, elle quitte Carrefour pour créer son entreprise, Souvenirs.
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