Portrait Métier
Bertille Hinge
fleuriste éco-responsable
Série de portraits: Portraits de pros
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Publié le
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Artisan
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© Région Bretagne
85 % des fleurs coupées vendues en France viennent de l’étranger dont certaines contiennent des pesticides interdits sur le territoire national. Bertille Hinge, fleuriste éco-responsable à Rennes, a voulu prendre le contrepied de cette pratique. « Je m’approvisionne en fleurs locales de mars à novembre. Pour les mois restants, je passe par des grossistes qui font venir des fleurs du sud de la France ou du nord de l'Italie. C'est le pas de côté que je m'autorise. Je travaille également à 90 % à partir des fleurs fraîches pour 10% de fleurs séchées », explique-t-elle. « L’idée c’est d’éviter que les professionnels comme la clientèle ne soient au contact de produits qui ne sont pas bon pour la santé et pour l'environnement. »
Elle a lancé son entreprise, Cœur d’artichaut en 2023. « Ce que j'adore, c'est de pouvoir toucher à plein de choses. Il y a forcément le métier en tant que tel mais aussi la rencontre avec les clients, un peu d'administratif, de la communication, etc. ».
Bertille n’est pas partie de rien. Avant de lancer son entreprise, elle faisait de l’accompagnement à l'entrepreneuriat collectif au sein de l’incubateur Tag 35. « J'accompagnais les communes et les collectivités dans l'identification de leurs besoins. Pour y répondre, on essayait de trouver une idée d'entreprise et on faisait un appel à candidatures pour qu'un porteur de projet puisse se lancer ».
Une première expérience en coopérative d’activité et d’emploi
Pour autant, elle ne se voit pas se lancer toute seule et rejoint la coopérative d’activité et d’emploi (CAE), Élan créateur. Les CAE permettent d’avoir un statut "d'entrepreneur salarié", donc de porter un projet tout en percevant un salaire et en bénéficiant de la couverture sociale d'un salarié classique. « Je connaissais les avantages à faire partie d’un collectif et à s’appuyer sur le modèle de l'économie sociale et solidaire. Même si j'avais de bonnes bases et un bon réseau, je suis allée chez Élan créateur pour le côté collectif donc mais aussi pour suivre un parcours de formation et apprendre à devenir entrepreneure », précise-t-elle. « Cela m’a servi sur la méthodologie mais aussi beaucoup pour me constituer un réseau ».
Dans le même temps, elle loue un local en centre-ville de Rennes, son domicile ne lui permettant pas d’accueillir sereinement son activité.
Une bascule vers l’entreprise individuelle
Depuis le 31 décembre, Bertille Hinge est en entreprise individuelle. « Même si ce n’est pas le statut qui me parle le plus, j'avais envie de voler de mes propres ailes ». Pas question en revanche de s’isoler.
Si elle quitte le collectif Élan créateur, elle délocalise son activité à Comme un établi. « Mon bail prenait fin dans le local de centre-ville et une place se libérait à Comme un établi ». Ce tiers-lieu dédié à l’artisanat accueille plusieurs dizaines d’entreprises dont les activités sont variées : ébéniste métallier, tapissier, réparateur de vélos, etc. « Je suis partie d’un collectif mais je suis arrivée dans un autre collectif ! On partage des espaces, on a des temps ensemble, c’est agréable quand on est en entreprise individuelle ».
Question finances, Bertille n’est pas encore à un niveau satisfaisant. « Aujourd’hui, je ne touche pas le Smic. Mais j'aurais trouvé ça dommage d'arrêter au bout de deux ans. Quand on fait des efforts, ça paie, je le vois au fur et à mesure. Il faut être patient : quand on commence, surtout quand c'est une reconversion, il faut du temps avant d'avoir son portfolio, son carnet d'adresses, etc. ».
Le parcours de Bertille
- Après le bac, Bertille se lance dans un BUT Techniques de commercialisation
- En 2013, elle fait une licence pro Administration économique et sociale à l'université du Havre avant d’entrer en master Économie sociale et solidaire à l’université de Lyon 2
- Après son stage de fin d’études, elle est embauchée au pôle ESS Pays de Vitré avant de passer un an à Montréal dans le cadre d’un Permis vacances travail (PVT).
- En revenant en France, elle devient chargée de mission à Tag 35
- En 2023, elle lance son entreprise, Cœur d’artichaut
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Les chiffres clés de la famille de métiers en Bretagne : Vente de végétaux
- Salaire 1500 € - 2400 €
- Âge moyen 34 ans
- Tendance des offres d'emploi En baisse
- Difficulté du recrutement 51%