Portrait Formation Lucie Cazard
Élève en école d’ingénieurs

Élève à l’École nationale d’ingénieurs de Brest, Lucie Cazard a un leitmotiv : résoudre des problèmes. Elle est très investie dans ses études comme dans la vie de son établissement (bureau des élèves, conseil pédagogique, etc.).

Série de portraits: Ingénieures - chercheuses

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Portrait de Lucie Cazard

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En quelques années, elle est passée de la Cité de l’espace à celle du Ponant. La Toulousaine Lucie Cazard est aujourd’hui élève en 4e année à l’École nationale d’ingénieurs de Brest (ENIB).

Déterminée à intégrer une formation de ce type depuis des années, elle fait des choix stratégiques au moment du bac : passage du concours commun à 35 écoles d’ingénieurs, Geipi Polytech, vœux en IUT pour pouvoir rejoindre une école d’ingénieurs à bac +2 et d’autres en fac « par sécurité ».

Acceptée dans plusieurs établissements dont un dans sa ville natale, elle opte pour l’ENIB de Brest. Un choix motivé par la coloration informatique, électronique et mécatronique de l’établissement. « Au lycée, j’ai choisi l’option informatique et sciences du numérique que j’ai bien aimée. Ça m’a permis de m’orienter plus facilement. […] Je ne connaissais pas Brest avant d’y habiter. Si j’avais été au courant de la météo, j’aurais peut-être réfléchi à deux fois (rires) », dit-elle.

De la Cité de l’espace à l’ingénierie

Lucie a grandi à Toulouse, dans la capitale française de l'aéronautique et de l’espace. On y trouve le siège mondial d’Airbus mais aussi de nombreux grands groupes (Thalès, Liebherr, Safran, etc.). Une proximité pas forcément étrangère à sa vocation. « J’ai passé de nombreuses journées à la Cité de l'espace. Quand on est enfant, les satellites, les fusées, les robots, ça fascine. Je me disais : qu'est ce qui se cache derrière tout ça ? Comment est-ce que ça fonctionne ? Je voulais comprendre », raconte-t-elle. Son père étant lui-même ingénieur, elle bénéficie de son goût et sa culture pour les sciences.

Très tôt, elle sait déjà ce qu’elle souhaite faire. « A l’origine, je voulais être pilote de chasse ou de ligne mais j’étais trop petite , j'ai donc bifurqué vers l'ingénierie [1] », confie-t-elle. L’essence du métier correspond en effet parfaitement à ce qu’elle souhaite faire : « comprendre un problème, le traduire de manière scientifique et apporter des solutions », explique-t-elle.
 

   Quand on est enfant, les satellites, les fusées, les robots, ça fascine. Je me disais : qu'est ce qui se cache derrière tout ça ? Comment est-ce que ça fonctionne ? Je voulais comprendre.

Du stage ouvrier à celui d’ingénieur

Selon elle, l’atout majeur de l’ingénieur est sa polyvalence : « un·e ingénieur·e généraliste connait beaucoup de choses mais pas forcément de manière très pointue. Ça permet de comprendre autant la partie informatique, qu’électronique ou mécanique d’un projet et donc d’aider les différentes parties à communiquer », explique-t-elle. Dans son école, Lucie étudie ainsi de nombreuses matières dont certaines durant un semestre seulement.

Sa formation dure cinq ans et comprend plusieurs stages (ouvrier, technicien, assistant ingénieur et ingénieur). Ils sont progressifs car le but visé est notamment de mieux comprendre le quotidien de ses futur·es collaborateurs et collaboratrices. Lucie a déjà pu travailler pour un grand groupe dans la région de Toulouse ainsi qu’une petite start-up à Lyon. Il lui reste encore deux stages à faire et de nombreuses pistes à explorer : UI design, création de logiciels, gestion de projets, etc. Elle compte dessus pour pouvoir déterminer où travailler ensuite.

Un investissement fort dans l’école

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Lucie s’investit largement dans la vie de son établissement : chargée de communication et secrétaire au bureau des élèves, ambassadrice de l’école durant 3 ans, membre du conseil pédagogique et de la commission de Cvec (Contribution de vie étudiante et de campus).

Comme souvent dans les écoles d’ingénieurs, elle évolue dans un milieu majoritairement masculin. « Une école, c'est un petit bout de la société donc si le problème est dans la société, il sera dans l'école aussi. Mais il ne faut pas que ça soit rédhibitoire. Il ne faut pas se demander si les formations sont faites pour une fille. Pour moi, il faut juste se dire : ça me plait ? Oui ? J’y vais ! ».

Parité dans l’ingénierie : des disparités persistent

Plus de la moitié des étudiant∙es sont des femmes. Mais la dynamique est tout autre dans les écoles d'ingénieurs et les CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles), avec respectivement 30 % et 40% de femmes.

Déjà au lycée, la parité n’est pas au rendez-vous : en filière générale, les filles sont sous-représentées dans toutes les matières scientifiques, à l’exception de la SVT et près de la moitié des lycéennes n'ont choisi aucune discipline scientifique. Cette tendance s’est renforcée avec la réforme du lycée de 2019 et la fin des séries (L, S, ES). [2]

[1]  Pour être pilote de chasse ou de ligne, il y a une taille minimum et maximum à respecter.
[2] Vers l’égalité femmes-hommes ? - Chiffres clés, Ministère chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, 2025 
 

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