Portrait Reconversion
Émilie Le Grand
Du secteur social à la sellerie nautique
Série de portraits: Ma reconversion
-
Publié le
-
-
Étiquettes
-
Entrepreneure
-
© Emilie Le Grand
Emilie Le Grand est sellière à Gouesnac'h, dans le Finistère. Elle a créé en 2024 l’entreprise Archipel Sellerie, spécialisée dans la sellerie nautique et générale.
Toiles de protection pour les voiles ou les hublots, capotes de bateaux, aménagements intérieurs de voiliers… La sellière « habille » les bateaux mais pas seulement. « Je peux aussi réaliser des tables médicales en simili cuir ou des sièges pour des cabinets de kinés par exemple. J’aime la polyvalence de ce métier, pas une journée ne se ressemble. »
Un départ loin des bateaux
C’est pourtant loin des bateaux qu’Emilie commence son parcours professionnel. Après une formation en vente qu’elle suit sans motivation, elle se réoriente grâce à un accompagnement de la mission locale. Elle commence par travailler plusieurs années dans l’animation auprès de jeunes enfants puis auprès de personnes âgées. Elle se forme ensuite au métier de formatrice en insertion professionnelle et est embauchée à France Travail où elle restera 12 ans.
À France Travail, Emilie accompagne les personnes en recherche d’emploi. Son poste lui plaît mais change au fil du temps. « J’ai fini par accompagner des personnes plus autonomes dans leur recherche, ce qui était moins engageant humainement parlant, explique-t-elle. Je me suis retrouvée à remplir des tableurs Excel à longueur de journée et à passer plus de temps sur des outils informatiques que devant des gens. Je ne comprenais plus le sens de mon travail, et je n’arrivais plus à m’y projeter sur les 20 prochaines années. »
Des immersions pour valider son idée
C’est dans le cadre de ses missions à France Travail qu’Émilie croise la sellerie nautique, alors qu’elle contribue à un dispositif permettant aux jeunes de découvrir les métiers de la mer.
« Au début, ce métier, c’était juste de l’ordre de l’idéal », se souvient-elle. Mais quand arrive l’envie de changer de voie, elle décide de creuser cette piste. Dans le cadre d’un CEP (conseil en évolution professionnelle), elle réalise deux immersions chez des selliers, ce qui confirme son envie de faire ce métier. « Entre l’idée et la réalisation de mon projet, ça m’a pris 4 années, précise-t-elle. Je ne voulais pas lâcher mon employeur du jour au lendemain. Je suis encore restée pendant un an et demi à France Travail puis j’ai demandé une disponibilité pour me former. »
Un projet mené étape par étape
Émilie obtient un financement auprès de Transitions pro Bretagne qui lui permet de préparer un CAP Sellerie générale et un CQP (Certificat de qualification professionnelle) de sellerie nautique aux Ateliers de l’enfer à Douarnenez. Elle se fait aussi accompagner par la Chambre des métiers et de l’artisanat et suit plusieurs formations pour créer son entreprise dans les meilleures conditions.
Son projet, elle le prépare étape par étape. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir quelques craintes. « Ce nouveau travail n’avait plus rien à voir avec mon travail de bureau. Je ne savais pas si je serai capable de faire un métier manuel. J’avais le syndrome de l’imposteur : chez mon maître de stage, je m’excusais à chaque fois que je faisais une erreur. Heureusement, il était très pédagogue ! ».
Une nouvelle liberté d’agir
Sur les conseils de son maître de stage, Emilie se met à son compte et monte son entreprise en 2024. Elle trouve des contrats par le bouche-à-oreille, noue des liens avec d’autres selliers et acquiert de l’expérience au fil des contrats. « Au début, je me suis mis beaucoup la pression. Pour répondre à des commandes urgentes, j’ai beaucoup travaillé et peu dormi.»
Mais le bilan est positif pour la sellière qui remporte même un trophée de la reconversion décerné par Transitions pro en 2025. « J’ai des commandes, même si mon carnet n’est pas rempli jusqu’à la fin de l’année. J’ai perdu en sécurité d’emploi mais j’ai gagné en liberté de penser et d’agir et pour rien au monde je ne reviendrai en arrière. »
Le parcours d’Émilie
- En 1998, Émilie obtient un BEP/CAP dans le domaine de la vente
- En 2000, elle bénéficie d’un Parcours d’orientation professionnelle proposé par la mission locale, qu’elle réalise à l’IBEP et valide un projet en animation auprès de personnes âgées et d'enfants
- En 2000, elle obtient le BAFA
- De 2000 à 2005, elle réalise de l’animation auprès d’enfants (avec des saisons d'hiver en montagne et des saisons d'été en bord de mer)
- En 2006, elle passe un BEATEP en animation auprès des personnes âgées
- De 2006 à 2010, elle travaille dans l’animation auprès de personnes âgées en EHPAD dans des structures publiques et privées
- En 2010, elle bénéficie d'une prestation d'accompagnement individuel dans le cadre d’une reconversion professionnelle et valide un projet de formatrice en insertion professionnelle
- En 2011, elle suit une formation de formatrice en insertion professionnelle à l’Afpa de Brest
- En 2011-2012, elle réalise des stages pendant sa formation à l’IBEP puis est embauchée en CDD pour accompagner des jeunes de 16-25 ans dans l'élaboration d'un projet professionnel
- De 2012 à 2024, elle travaille à Pôle emploi et accompagne les personnes en recherche d’emploi et un public jeune éloigné de l'emploi.
- En 2024, elle crée son entreprise de sellerie
Consulter les offres d'emploi de votre territoire
En temps réel, explorer les offres d'emploi dans la région Bretagne associées à cette famille de métiers
France TravailConsulter la fiche métier : Sellier/ère
En savoir plus
Les chiffres clés de la famille de métiers en Bretagne : Réalisation d'articles en cuir et matériaux souples (hors vêtement)
- Salaire 1500 € - 2500 €
- Âge moyen 43 ans
- Tendance des offres d'emploi En baisse
- Difficulté du recrutement 92%