Portrait Reconversion
Marie-Sophie Guével
Du conseil en entreprise à la distillation artisanale
Série de portraits: Ma reconversion
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© Tud Presse
Marie-Sophie Guével surveille l’un de ses deux alambics en cuivre. L’époque où elle testait ses premières recettes dans sa cuisine paraît lointaine. Rhum, gin, liqueur de fraise… Dans sa micro-distillerie, au port de commerce de Brest, la femme de 37 ans, semble à sa place.
Le verbe précis et le ton assuré, l'ex-salariée dans le conseil en entreprise résume la chronologie de son parcours : « Un mois après une rupture conventionnelle, en janvier 2023, m’est venue l'idée de créer la Distillerie de Brest. J’ai ensuite passé quatre jours chez un distillateur pour observer. Le business-plan a été monté en avril, et j’ai obtenu un prêt bancaire de 50 000 euros en mai. L'immatriculation de la société, et la déclaration auprès des douanes, ont eu lieu en juin. »
Soif de sens et de travail manuel
Rapide, efficace, la reconversion professionnelle de Marie-Sophie est à son image : sans fioritures. Si cette ancienne diplômée de l’Ecole supérieure de commerce de Rouen a quitté son poste de manageuse dans un cabinet conseil, c'est avant tout par soif de sens. Dix ans à construire des stratégies d'expérience client, à aligner des slides Powerpoint, à vendre des recommandations sans jamais les mettre en œuvre elle-même : le décalage a fini par peser.
Bien qu’elle ne possède ni contacts ni compétences spécifiques, l’univers de la distillerie artisanale attire son attention. « Ce métier cochait toutes les cases : concret, dans la fabrication, manuel. Il me permet de garder ma liberté de temps de travail, d'être cheffe d'entreprise. J'avais aussi besoin de travailler seule. »
En formation permanente
Marie-Sophie s’est lancée sans utiliser son compte personnel de formation (CPF), ni faire appel au projet de transition professionnelle (PTP). Elle se considère en formation permanente. « La formation, c'est quotidien. Je suis autodidacte. Je suis curieuse, je teste, j'échoue et je recommence. » Elle utilise un procédé de distillation selon la méthode ancestrale dite « à repasse » : deux distillations successives sont nécessaires pour obtenir un distillat fin. L’embouteillage et l’étiquetage sont réalisés à la main.
« Évidemment, tout dépend du métier que l'on veut exercer, dit-elle. Le mien ne nécessitait aucun diplôme ou certification, contrairement à des métiers comme maçon, ou plombier. » Mais elle a choisi de développer, seule, plusieurs compétences : gestion administrative, stratégie commerciale, développement de l'offre, communication…
« Aller vite, sinon on passe son temps à tergiverser »
Aujourd'hui, la Brestoise s'épanouit dans sa nouvelle vie professionnelle. À celles et ceux qui hésitent encore, elle conseille « d'aller vite, sinon on passe son temps à tergiverser » — et de s’appuyer sur leur éventuelle allocation chômage, la première année étant rarement synonyme de salaire. « Le plus stressant aurait été d'avoir peur de quitter une situation inconfortable », lâche-t-elle. Derrière elle, l'alambic se met à bouillir.
Le parcours de Marie-Sophie
• Après avoir décroché son bac en 2006, elle entre en prépa au lycée Kérichen de Brest
• Elle intègre l’École supérieure de commerce (ESC) à Rouen, en 2008, et en ressort diplômée en 2012. Dans la foulée, elle débute sa carrière chez Colgate-Palmolive. Marie-Sophie Guével y reste deux ans, négociant entre autres avec la grande distribution.
• En 2015, elle part en Irlande pour travailler pour la société SalesForce comme ingénieur commercial.
• De retour en France en 2018, Marie-Sophie Guével intègre le cabinet conseil Colorado Groupe et passe dans le monde du consulting, se spécialisant dans l’expérience client. Elle passera manager deux mois plus tard.
• Grâce à une mobilité interne, elle revient à Brest et exerce en télétravail jusqu’en 2023 et lance ensuite son entreprise.
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France TravailLes chiffres clés de la famille de métiers en Bretagne : Fermentation de boissons alcoolisées
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