Avec 5 000 km de côtes, la Bretagne est la région qui possède le plus long littoral maritime de France. 

Les activités liées à la mer y sont très importantes. Près de 10 000 professionnel·les travaillent dans ce secteur à des postes très variés : ils et elles gèrent les ports, construisent des bateaux, vendent des équipements, mais peuvent aussi former, entraîner aux sports nautiques, etc. 

La clientèle est composée des nombreux touristes qui se rendent en Bretagne chaque année mais aussi de Breton·nes, grand·es pratiquant·es d’activités nautiques.

La clientèle est composée des nombreux touristes qui se rendent en Bretagne chaque année mais aussi de Breton·nes, grand·es pratiquant·es d’activités nautiques.

Canal de Nantes à Brest au niveau du marais de Glénac (56)

Les chiffres clés

L’essentiel des emplois liés au nautisme se situe dans l’industrie, le commerce et les services. La réparation et la maintenance représentent un tiers des entreprises et les activités de services un peu moins de 30%.

Certaines activités sont plus importantes durant la haute saison comme la pratique des sports nautiques et de bord de mer. Le tourisme représente ainsi près de 70% du chiffre d'affaires de la filière.
 

De nombreux événements (compétitions sportives, salons professionnels, fêtes maritimes, etc.) liés au nautisme ont lieu en Bretagne, près de 900 en 2024. Certains d'entre eux bénéficient d'une renommée internationale comme la Route du Rhum ou la Solitaire du Figaro.

  • 9 973

    emplois en Bretagne

  • 8 074

    emplois dans l’industrie, les commerces et les services

  • 1 533

    emplois dans les sports nautiques et de bord de mer

  • 366

    emplois dans les ports de plaisance et les sites de mouillage

Vue aérienne par drone du port de plaisance des Bas-Sablons à Saint-Malo

Il y a une évolution générale de la pratique de la plaisance et du profil du plaisancier.  
Virginie Raimbeaux, maître de port à Saint-Cast

Vos questions

On associe souvent le nautisme aux vacances, qui constituent une période d’affluence pour les activités de bord de mer ou portuaires. Mais le profil type du ou de la professionnelle du nautisme était assez loin de l’étudiant·e en 2018 (derniers chiffres disponibles) : un homme de 43 ans avec 13 ans d’ancienneté.

« On peut faire carrière aujourd’hui autour de la mer, avec des métiers extrêmement intéressants : ingénierie, éducation à l’environnement, construction, vente de produits sportifs, etc. », explique Tom Daune, ex-délégué général de l’École de voile des Glénans.

L’univers du bateau est à la croisée de très nombreuses disciplines : électronique, charpente, mécanique, plasturgie,gestion, commerce, etc. Aussi, les études peuvent aller du CAP au bac +5 selon que l’on travaille comme employé·e, technicien·ne, ingénieur·e ou autre.

Les formations concernant les activités de bord de mer sont en revanche moins nombreuses. La plus notable est une formation courte, le BPJEPS (Brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport).

Les professionnel·les du nautisme sont majoritairement des hommes. Dans les activités industrielles, de commerces et de services ou encore dans le milieu des ports de plaisance, les femmes ne représentent qu'un tiers des effectifs.

Dans les sports nautiques, le contraste est encore plus saisissant : les hommes occupent 80% des emplois en Bretagne.

Vidéo : Lisa, Manon et Camille, charpentières de marine

Contrairement aux idées reçues, les entreprises proposent des postes à l’année. Pour autant, on retrouve une forte saisonnalité de l'activité. L’été représente entre 60 et 70% du chiffre d’affaires des bases nautiques bretonnes.

Pour les ports, les périodes « creuses » constituent un temps essentiel de préparation : « L’hiver, nous avons un travail fou de maintenance, de préparation des équipements et beaucoup d’administratif », explique Virginie Raimbeaux, maître de port à Saint-Cast. L'activité industrielle est, sans surprise, moins sujette à ces variations de saison.

De nouvelles manières de travailler

Comme dans beaucoup d’autres secteurs, le numérique a généré de nouvelles manières de travailler, notamment pour les ports de plaisance. « La numérisation de nos services amène de nouveaux usagers ainsi que de plus en plus de demandes de services en conseil et accompagnement », dit Virginie Raimbeaux, maître de port à Saint-Cast.

Concernant les activités nautiques, « le numérique peut nous aider demain avec la création de tutoriels adaptés permettant de faire du lien entre les conseils et les situations pratiques que le moniteur a mises en place », explique Philippe Rodet, directeur de Nautisme en Bretagne. « Il est nécessaire d'inventer du matériel qui va rendre le nautisme plus facile d’accès pour des publics moins aguerris », poursuit-il.

Lire le témoignage de Virginie Raimbaux, maitre de port à Saint-Cast et Philippe Rodet, directeur de Nautisme en Bretagne

Swann Pengam, agent de port au port de plaisance de Kernevel à Lorient

La nécessaire décarbonation du nautisme

« L'innovation dans le nautisme, c'est aussi de concevoir une soutenabilité économique qui va de pair avec une soutenabilité éco-logique et sociale », explique Tom Daune, ex-délégué général des Glénans. La durée de vie des bateaux de plaisance est très longue, entre 30 et 40 ans, si bien que leur empreinte environnementale est majoritairement due à leur utilisation (consommation de carburant et d’électri-
cité, produits d’entretien, déchets liés à la vie à bord, eaux usées, etc.).

Transport à voile, moteur électrique, diminution de la vitesse, amélioration du système de filtration des eaux usées sont autant de pistes à explorer pour mener à bien la décarbonation du secteur.

Lire le témoignage de Tom Daune, délégué général des Glénans 

Photographies aériennes par drone du Port Clos sur l'Ile de Bréhat

Améliorer le cycle de vie des bateaux : recyclage et déconstruction

Les acteurs et actrices du nautisme commencent à requestionner le cycle de production et de fin de vie des bateaux. L’utilisation de matériaux biosourcés (résines, fibres, etc.), la conception de bateaux plus légers ou la réduction de la pollution dans les procédés de fabrication font par tie de la vaste gamme des solutions pour aller vers l’éco-conception.

La fin de vie des navires représente également un enjeu de poids. En 2009, l’Association pour la plaisance éco-responsable (APER) a été créée pour gérer la déconstruction et le recyclage des bateaux de plaisance au niveau national. Plus de 3 000 opérations de déconstruction
ont été menées entre 2019 et 2023 en Bretagne.

Corentin Conan, Mécanicien bateaux à Brest Ocean Boat, Port du Moulin Blanc à Brest
Vue aérienne des canaux en Ille-et-Vilaine au niveau de Pont-Réan

L'innovation est plus dans le choix des usages et de la conception que sur la numérisation. 
Tom Daune, délégué général de l’École de voile des Glénans

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