Pourquoi se reconvertir ?

Il y a de nombreuses raisons qui peuvent pousser quelqu’un à se reconvertir. Passage en revue des motivations les plus souvent évoquées. 

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Un homme écrit sur des post-it affichés au mur

Si beaucoup de Français envisagent de se reconvertir, ils sont beaucoup moins nombreux à sauter le pas. En 2025, plus d’un actif sur trois envisage d’effectuer une reconversion à moyen terme alors qu’ils sont… moins d’un sur cinq à en préparer une. Mais qu’est-ce qui pousse les personnes à se reconvertir ? 

Acquérir de nouvelles compétences

"Les personnes qui restent à un même poste pendant plusieurs années ont parfois le sentiment de stagner", explique Karim Jemmal, référent parcours de formation à Transitions pro Bretagne.

Repartir en formation a ses vertus. "Au-delà des compétences, cela facilite la prise de confiance pour se lancer dans un projet de reconversion. Cela montre qu’on est en capacité de repartir sur l'acquisition de savoirs et de gestes techniques", explique Sandra Bertrand, elle aussi référente parcours de formation à Transitions pro Bretagne. 

Améliorer son équilibre 
vie perso – vie pro 

Derrière cette motivation on retrouve une multitude de situations. Dans beaucoup de secteurs comme l’industrie, le commerce ou l’agriculture, on peut être amené à travailler en horaires décalés - le soir, le week-end, les jours fériés - et cela impacte sa vie personnelle. “Nous avons aussi des personnes confrontées au travail de nuit qui cherchent des horaires de travail plus compatibles avec une vie de famille", explique Karim Jemmal. Dans d’autres cas, il s’agit de faciliter son organisation : "il y a une part des salariés qui sont à temps partiel chez différents employeurs et qui recherchent un métier où ils ne vont avoir qu'un seul employeur pour simplifier leur quotidien."

A l’inverse, d’autres personnes cherchent à aménager leur temps de travail en fin de carrière. "Ils vont vers des métiers qui peuvent se pratiquer à temps partiel. On a aussi des personnes qui ont 60 ans et qui savent qu'elles ne vont pas avoir leur retraite à taux plein. Constatant qu’elles vont être obligées de compléter leur retraite, elles cherchent une activité moins engageante, moins physique, qui peut être menée pendant quelques années sans incompatibilité avec leur santé", indique Karim Jemmal. 

Trouver un métier porteur de sens 

"Le sens, c'est souvent l'argument qui est avancé par les gens qui veulent aller vers les métiers de la santé et du soin", note Sandra Bertrand. Cette notion est toutefois plus fluctuante, chacun pouvant être amené à voir du sens ou non dans son métier. "Des motivations individuelles vont prendre leurs racines dans l'écart qu'ils constatent entre ce qu’ils vivent et ce qu'ils auraient envie de vivre".

Parfois, cela peut mener à une baisse de salaire mais cela relève d’un choix de vie assumé. "En tant que financeurs, forcément, pour nous, il s’agit de voir si les personnes sont sorties des idées reçues pour se confronter à la réalité", complète Karim Jemmal. 

Améliorer ses conditions de travail

Derrière l’intitulé "conditions de travail" se cache une multitude de sujets différents. Il y a, sans surprise, la question du salaire mais aussi celles des horaires, des conditions d’exercice (travailler dans le chaud, dans le froid, etc.). En cela, cette demande vient parfois croiser des problématiques liées à l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle.

Bien souvent, il s’agira d’arbitrer entre différents éléments. "Ceux qui travaillent de nuit ou qui sont exposés à des facteurs de risque perçoivent souvent un salaire plus élevé en contrepartie. En se reconvertissant, ils ont parfois la déconvenue de gagner moins qu'avant", explique Karim Jemmal.

Le télétravail a également pris une ampleur inédite depuis le Covid et vient peser dans le choix d'un poste. Une étude publiée en 2024 montrait que "près d’un Français actif sur deux (46 %) serait prêt à quitter son poste s’il était confronté à une situation où son employeur voulait supprimer totalement le télétravail". 

Trouver un travail qui nous plait

Ici, on trouve deux cas de figure. Le premier, c’est celui des personnes qui ont passé des années sur un métier et qui se lassent des missions à réaliser ou qui veulent découvrir d’autres choses.

Dans d’autres cas, ce sont des personnes, qui ont encore peu d’expérience et qui souhaitent se reconvertir. "Il y a de plus en plus de gens, qui après un ou deux ans d'activité, entament des démarches pour se reconvertir. Ce sont des erreurs d'orientation plus jeune qui parfois se répercutent très vite derrière", indique Karim Jemmal. Il peut également y avoir un fossé entre le métier perçu et sa réalité qui va les décider à entamer des démarches. 

Être en meilleure santé

Les problèmes de santé touchent notamment les personnes qui exercent un métier exigeant physiquement. "Ce sont par exemple des gens qui sont sur des ports de charges répétés ou des postures difficiles et qui ne se voient pas travailler dans ces conditions jusqu'à 64 ans", précise Karim Jemmal. Selon l’assurance maladie, en 2024, les troubles musculo-squelettiques figuraient ainsi largement en tête des maladies professionnelles reconnues.

Il n’y a évidemment pas que les conditions physiques qui jouent : épuisement professionnel – le fameux "burn-out" - charge mentale excessive, pression, cadence trop rapide ou encore le fait d’assister à des situations difficiles peuvent être autant de facteurs qui vont inciter à se reconvertir. "Ce qui est difficile dans ces situations, c’est qu’il s’agit souvent d’agir dans l’urgence et c’est parfois incompatible avec une démarche réfléchie et construite de projet professionnel". 

Anticiper des bouleversements économiques

A nouveau, le boom de l’intelligence artificielle générative est un cas d’école : en changeant massivement les modalités de travail, cette technologie expose un certain nombre de postes à des menaces de disparition. L’Organisation internationale du travail évoquait en 2025  à titre d’exemple les métiers du secteur bancaire, des services postaux, de la billetterie ou de la vente aux particuliers.

Cela peut également être des situations particulières : des personnes qui travaillent dans une entreprise en proie à des difficultés persistantes et qui ne veulent pas attendre que le couperet tombe.

Comme on le voit, la décision de s’engager dans une démarche de reconversion peut avoir de multiples causes, qui parfois s’entrecroisent. Si on peut les catégoriser à grands traits, chaque situation est personnelle. Et pour faciliter ce processus dont on sait qu’il est perçu comme compliqué, de nombreux acteurs et actrices professionnel·les sont là pour vous accompagner.

Si tous les motifs invoqués dans cet article sont valables, y a-t-il, à l’inverse de mauvaises raisons de se reconvertir ? "Il n’y a pas de mauvaises raisons de se reconvertir, simplement des projets qui ne sont pas adaptés aux motivations évoquées", conclut Karim Jemmal.